{"id":6139,"date":"2023-03-01T11:19:26","date_gmt":"2023-03-01T10:19:26","guid":{"rendered":"https:\/\/kingkong-mag.com\/quand-lecologie-se-pense-sonore\/"},"modified":"2023-04-17T09:41:05","modified_gmt":"2023-04-17T07:41:05","slug":"when-ecology-considers-itself-in-terms-of-sound","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/kingkong-mag.com\/en\/when-ecology-considers-itself-in-terms-of-sound\/","title":{"rendered":"When ecology considers itself in terms of sound"},"content":{"rendered":"<p class=\"lead\">\r\nDans les ann\u00e9es 1960, au Canada, appara\u00eet le concept d\u2019\u00e9cologie sonore. Entre saturation et disparition de nos paysages sonores, cette branche de l\u2019\u00e9cologie pointe du doigt une pollution invisible mais bruyante et invite \u00e0 repenser notre \u00e9coute, pour prot\u00e9ger nos villes et nos campagnes, mais aussi nos oreilles.\r\n<\/p>\n<p>(Pour rendre la lecture de ce dossier plus sonore, nous vous invitons \u00e0 brancher votre casque et \u00e0 vous laisser bercer par &#8220;Dawn Chorus&#8221;, une proposition de l\u2019artiste et cr\u00e9ateur sonore Joost Van Duppen dont nous vous parlons plus bas.)<\/p>\n\n<figure class=\"wp-block-embed is-type-rich is-provider-soundcloud wp-block-embed-soundcloud\"><div class=\"wp-block-embed__wrapper\">\n<div class=\"ratio ratio-16x9\"><iframe title=\"Dawn Chorus - Sonian Forest Brussels - May 2022 by Joost Van Duppen\" width=\"800\" height=\"400\" scrolling=\"no\" frameborder=\"no\" src=\"https:\/\/w.soundcloud.com\/player\/?visual=true&#038;url=https%3A%2F%2Fapi.soundcloud.com%2Ftracks%2F1331771902&#038;show_artwork=true&#038;maxheight=1000&#038;maxwidth=800\"><\/iframe><\/div>\n<\/div><figcaption class=\"wp-element-caption\"><em>Dawn Chorus<\/em>, Joost Van Duppen <\/figcaption><\/figure>\n\n<p>&#8220;Les ann\u00e9es 1960 furent une d\u00e9cennie bruyante, peut-\u00eatre la plus bruyante du 20\u00e8me si\u00e8cle. Les voyages en avion venaient de voir le jour et \u00e9pandaient leur vacarme pr\u00e8s des a\u00e9roports, suscitant d\u2019agressives campagnes antibruit. [\u2026] Dans le b\u00e2timent, les chantiers s\u00e9vissaient \u00e0 grand bruit, avec l\u2019extension des villes en Am\u00e9rique du Nord et la reconstruction en Europe. Les ann\u00e9es 1960 furent aussi celles des concerts de musique rock o\u00f9 le niveau sonore d\u00e9passait largement les 100 d\u00e9cibels (dB) \u2013 plus fort qu\u2019aucune musique ne fut jamais jou\u00e9e sur terre.&#8221; Tels sont les premiers mots de Raymond Murray Schafer dans la pr\u00e9face de son livre <a href=\"https:\/\/wildproject.org\/livres\/le-paysage-sonore\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Le paysage sonore<\/a>, publi\u00e9 en 1977. Un ouvrage \u00e0 l\u2019allure d\u2019essai, de recherche acad\u00e9mique et de recueil sensible sur le sonore. Le compositeur et th\u00e9oricien canadien, d\u00e9c\u00e9d\u00e9 en 2021, est un des premiers \u00e0 appuyer sur l\u2019importance d\u2019\u00e9couter le monde comme une vaste composition musicale dont nous sommes \u00e0 la fois le public, les musicien\u00b7nes et les compositeurices.<\/p>\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img decoding=\"async\" width=\"700\" height=\"1050\" src=\"https:\/\/kingkong-mag.com\/wp-content\/uploads\/2023\/02\/Livre_R_Murray_Schaffer_The_Soundscape_Our_Sonic_Environment_and_the_Tuning_of_the_World.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-6043\"\/><figcaption class=\"wp-element-caption\">R. Murray Schafer &#8211; The Soundscape Our Sonic Environment and the Tuning of the World<\/figcaption><\/figure>\n<p>\u00c0 travers les nombreuses \u00e9tudes qu\u2019il m\u00e8ne dans le domaine, mais aussi en tant que professeur \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 Simon Fraser de Vancouver o\u00f9 il enseigne la composition musicale contemporaine et exp\u00e9rimentale, Murray Schafer passe le plus clair de son temps \u00e0 explorer ses environnements acoustiques. C\u2019est aussi \u00e0 lui qu\u2019on doit les notions de &#8220;paysage sonore&#8221; et d\u2019\u00e9cologie sonore auxquelles de nombreux\u00b7euses acousticien\u00b7nes se r\u00e9f\u00e8rent encore aujourd\u2019hui. Issu du Canada anglophone, Schafer forge le terme soundscape (litt\u00e9ralement, paysage sonore) en partant de la d\u00e9finition de landscape (paysage) : ainsi, si le paysage d\u00e9signe tout ce qui peut \u00eatre vu, le paysage sonore s\u2019applique \u00e0 tout ce qui peut \u00eatre entendu.<\/p>\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>En nous faisant prendre conscience<br\/>des paysages sonores, Schafer<br\/>nous a permis de consid\u00e9rer<br\/>leur beaut\u00e9, mais aussi leur diversit\u00e9<br\/>aujourd\u2019hui menac\u00e9e.<\/p>\n<cite>Gilles Malatray<\/cite><\/blockquote>\n\n<p>Depuis la nuit des temps, nos paysages sonores n\u2019ont cess\u00e9 de s\u2019enrichir des sons du monde vivant. Du son premier qu\u2019est la caresse de l\u2019eau aux oiseaux, puis au langage, \u00e0 la musique, jusqu\u2019aux r\u00e9volutions industrielle et \u00e9lectrique qui ont radicalement transform\u00e9 notre rapport au son et de facto, au silence. &#8220;En nous faisant prendre conscience des paysages sonores, Schafer nous a permis de consid\u00e9rer leur beaut\u00e9, mais aussi leur diversit\u00e9 aujourd\u2019hui menac\u00e9e&#8221;, lance Gilles Malatray. Dans les ann\u00e9es 1980, ce Lyonnais rencontre des associations qui travaillent d\u00e9j\u00e0 sur la pr\u00e9servation de l\u2019environnement sonore. Avec sa double formation d\u2019horticulteur et de paysagiste, mais \u00e9galement un penchant pour la musique, c\u2019est apr\u00e8s la lecture de la &#8220;bible&#8221; de Schafer, comme il aime \u00e0 le dire, qu\u2019il devient paysagiste sonore. Sur son blog, <a href=\"https:\/\/desartsonnantsbis.com\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Desartsonnants<\/a>, il \u00e9crit \u00e0 ce sujet : &#8220;Un paysagiste sonore, promeneur \u00e9coutant de surcro\u00eet, est un artiste engag\u00e9, qui puise dans le lieu investi, de la mati\u00e8re sonore pour nourrir des gestes d\u2019agenceur, d\u2019am\u00e9nageur, de cr\u00e9ateur sonore, in situ ou dans des formes d\u2019exo-territoires, parfois virtuels&#8221;. Concr\u00e8tement, si Gilles collabore \u00e9troitement avec le monde de la cr\u00e9ation radiophonique, il travaille aussi sur le terrain, avec des \u00e9coles ou des associations, \u00e0 d\u00e9velopper une \u00e9coute subversive et plus consciente de nos environnements sonores.<\/p>\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img decoding=\"async\" width=\"960\" height=\"640\" src=\"https:\/\/kingkong-mag.com\/wp-content\/uploads\/2023\/02\/Gilles-Malatray.jpeg\" alt=\"\" class=\"wp-image-6045\"\/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Gilles Malatray <\/figcaption><\/figure>\n<p>Pour le paysagiste du son, la rencontre avec les th\u00e9ories de Schafer fut un v\u00e9ritable coup de foudre. Mais selon lui, le concept d\u2019\u00e9cologie sonore serait \u00e0 rafra\u00eechir. Pour se remettre dans le contexte, le terme &#8220;\u00e9cologie&#8221; est seulement en train d\u2019\u00e9merger lorsque le th\u00e9oricien canadien parle pour la premi\u00e8re fois d\u2019une &#8220;\u00e9cologie sonore&#8221;, vers 1969. Il la d\u00e9finit comme l\u2019\u00e9tude des rapports entre les \u00eatres vivants et leur environnement. L&#8217;\u00e9cologie sonore se concentre donc sur les effets b\u00e9n\u00e9fiques ou n\u00e9fastes des sons sur la sant\u00e9 humaine, la faune et l&#8217;environnement, et cherche \u00e0 promouvoir une utilisation plus responsable et durable des ressources sonores. &#8220;Avec les ann\u00e9es, on d\u00e9veloppe forc\u00e9ment un regard critique sur les apports des th\u00e9oriciens, d\u00e9veloppe Gilles Malatray. Aujourd\u2019hui, je trouve que cette d\u00e9finition est un peu galvaud\u00e9e. Je pr\u00e9f\u00e8re parler d\u2019une \u00e9cologie de l\u2019\u00e9coute, c&#8217;est-\u00e0-dire une approche pour comprendre comment un\u00b7e \u00e9coutant\u00b7e r\u00e9agit face au monde sonore, qu\u2019iel soit promeneur\u00b7euse, musicien\u00b7ne, artiste, am\u00e9nageur\u00b7euse ou d\u00e9cideur\u00b7euse politique.&#8221; Il \u00e9voque aussi l\u2019\u00e9cosophie, une discipline qui s&#8217;int\u00e9resse plus largement \u00e0 la relation entre l&#8217;\u00eatre humain et l&#8217;environnement et qui peut, entre autres, utiliser le sonore pour promouvoir une meilleure compr\u00e9hension de l&#8217;environnement naturel dans son ensemble.<\/p>\n\n<p>Si l\u2019\u00e9cologie se pense du c\u00f4t\u00e9 de l\u2019\u00e9coute, elle doit aussi s\u2019envisager en amont, du c\u00f4t\u00e9 de la cr\u00e9ation sonore. Il n\u2019y a qu\u2019\u00e0 se pencher sur la quantit\u00e9 de productions sonores, radiophoniques et autres podcasts qui pullulent sur le web. M\u00eame si les chiffres montrent que la production mondiale de podcasts a l\u00e9g\u00e8rement baiss\u00e9 suite au boom pendant la crise sanitaire de 2019, en 2021, selon les donn\u00e9es de Podcast Industry Insights, environ 1,5 million de nouveaux podcasts ont \u00e9t\u00e9 lanc\u00e9s, soit une moyenne de plus de 4.000 nouveaux podcasts par jour. Et en dehors de l\u2019aspect quantitatif, c\u2019est aussi le qualitatif qui entre en ligne de compte. De plus en plus de cr\u00e9ateurices sonores revendiquent une posture \u00e9cologique dans leurs productions et tendent \u00e0 enrichir la mati\u00e8re sonore de mani\u00e8re \u00e0 la respecter. Sans ajouter un fond musical inutile, en travaillant \u00e0 l&#8217;\u00e9chelle d&#8217;un lieu, voire du c\u00f4t\u00e9 de la production sonore artistique, en imaginant des installations plus \u00e9ph\u00e9m\u00e8res. Une posture que l\u2019on croise beaucoup chez les adeptes du field recording.<\/p>\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Champ de son<\/h3>\n\n<p><a href=\"https:\/\/felixblume.com\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">F\u00e9lix Blume<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.hildegardwesterkamp.ca\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Hildegarde Westerkamp<\/a> (une disciple de Murray Schafer) ou encore <a href=\"https:\/\/www.joostvanduppen.com\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Joost Van Duppen<\/a>, toustes pratiquent le field recording. Une technique d&#8217;enregistrement sonore qui consiste \u00e0 capturer des sons dans leur environnement naturel, de la nature \u00e0 la ville, des lieux publics aux plus recul\u00e9s. &#8220;Aujourd\u2019hui, le field recording n\u2019est plus simplement une trace qui capture un paysage sonore, c\u2019est aussi un geste de composition, explique Gilles Malatray. Des gens de radio ou des performeur\u00b7euses live enregistrent des sons pour proposer leur propre interpr\u00e9tation d\u2019un paysage sonore.&#8221; La plupart assument d\u2019ailleurs un c\u00f4t\u00e9 militant. Iels ne veulent pas uniquement nous montrer le \u2018beau\u2019 de ces paysages de son, mais souhaitent aussi nous faire r\u00e9fl\u00e9chir sur notre place au sein de ces environnements sonores.<\/p>\n\n<p>Si vous avez appuy\u00e9 sur &#8220;play&#8221; en d\u00e9but d\u2019article, vous \u00e9coutez en ce moment un field recording du Belge Joost Van Duppen qui, au printemps dernier, a enregistr\u00e9 le chant des oiseaux \u00e0 l\u2019aube, au plus profond de la For\u00eat de Soignes. Sa cr\u00e9ation sonore a \u00e9t\u00e9 diffus\u00e9e dans les stations de m\u00e9tros bruxellois pendant la <a href=\"https:\/\/www.lasemaineduson.be\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Semaine du son<\/a> qui vient de se terminer dans la capitale. Son intention ? Ramener ces sons urbains disparus au c\u0153ur de l\u2019espace public gr\u00e2ce \u00e0 un transport largement utilis\u00e9 et qui traverse des quartiers tr\u00e8s divers. Une installation qui questionne beaucoup l\u2019imp\u00e9rialisme sonore humain, surtout dans les zones urbaines.<\/p>\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Pollution, pollu-son<\/h3>\n\n<p>Vers 1975, pour un projet d\u2019\u00e9tudes intitul\u00e9 &#8220;Cinq paysages sonores de village&#8221;, Murray Schafer ainsi qu\u2019une \u00e9quipe de chercheur\u00b7euses partent \u00e9couter les sons naturels et humains pr\u00e9sents dans cinq villages europ\u00e9ens plut\u00f4t similaires en superficie. Ils m\u00e8nent aussi des interviews avec les habitant\u00b7es pour comprendre comment les sons du village influencent leur vie quotidienne, quels sont ceux qui les marquent plus que d\u2019autres.<\/p>\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img decoding=\"async\" width=\"334\" height=\"482\" src=\"https:\/\/kingkong-mag.com\/wp-content\/uploads\/2023\/02\/Five_Village_Soundscapes-1.jpeg\" alt=\"\" class=\"wp-image-6061\"\/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Five Village Soundscapes <\/figcaption><\/figure><\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\"><div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full\"><img decoding=\"async\" width=\"423\" height=\"310\" src=\"https:\/\/kingkong-mag.com\/wp-content\/uploads\/2023\/02\/The-WSP-group-in-the-churchyard-Dollar-Scotland-1975.-Left-to-right-R.-M.-Schafer-Jean-Reed-Bruce-Davis-standing-Peter-Huse-Howard-Broomfield.jpeg\" alt=\"\" class=\"wp-image-6063\" srcset=\"https:\/\/kingkong-mag.com\/wp-content\/uploads\/2023\/02\/The-WSP-group-in-the-churchyard-Dollar-Scotland-1975.-Left-to-right-R.-M.-Schafer-Jean-Reed-Bruce-Davis-standing-Peter-Huse-Howard-Broomfield.jpeg 423w, https:\/\/kingkong-mag.com\/wp-content\/uploads\/2023\/02\/The-WSP-group-in-the-churchyard-Dollar-Scotland-1975.-Left-to-right-R.-M.-Schafer-Jean-Reed-Bruce-Davis-standing-Peter-Huse-Howard-Broomfield-310x230-gray.gif 155w, https:\/\/kingkong-mag.com\/wp-content\/uploads\/2023\/02\/The-WSP-group-in-the-churchyard-Dollar-Scotland-1975.-Left-to-right-R.-M.-Schafer-Jean-Reed-Bruce-Davis-standing-Peter-Huse-Howard-Broomfield-420x310-gray.gif 210w\" sizes=\"(max-width: 423px) 100vw, 423px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">The WSP group in the churchyard, Dollar (Scotland), 1975<\/figcaption><\/figure><\/div><\/div>\n<\/div>\n\n<figure class=\"wp-block-audio\"><audio controls=\"\" src=\"https:\/\/kingkong-mag.com\/wp-content\/uploads\/2023\/02\/Five-Village-Soundscapes-excerpt-from-Skruv-Sweden-Feb-18-1975-conversation-with-residents-about-the-sound-they-think-of-when-asked-about-their-village.mp3\"><\/audio><figcaption class=\"wp-element-caption\">Five Village Soundscapes<\/figcaption><\/figure>\n<p>En 2009, une autre \u00e9quipe de chercheur\u00b7euses compare les m\u00eames cinq villages pour voir comment l\u2019environnement sonore a \u00e9volu\u00e9 au fil du temps. En presque 35 ans et principalement en raison de l&#8217;augmentation du trafic routier, de l&#8217;urbanisation et de l&#8217;industrialisation, les niveaux de bruit ont consid\u00e9rablement augment\u00e9 dans les villages \u00e9tudi\u00e9s, non sans impacter n\u00e9gativement la sant\u00e9 et le bien-\u00eatre des villageois\u00b7es. Ces dernier\u00b7\u00e8res rapportaient une pr\u00e9valence beaucoup plus faible des sons naturels tels que le chant des oiseaux ou les bruits de la nature, tandis que les sons humains comme la circulation et les bruits industriels \u00e9taient devenus bien plus pr\u00e9sents.<\/p>\n\n<p>En pointant du doigt la saturation et la disparition des paysages sonores dans les milieux ruraux, pareille recherche de terrain a \u00e9galement soulign\u00e9 l&#8217;importance de la r\u00e9duction de la pollution sonore pour am\u00e9liorer la qualit\u00e9 de vie des gens. Pour le paysagiste du sonore Gilles Malatray, elle r\u00e9v\u00e8le aussi un enjeu capital de planification urbaine et de conception des espaces publics. &#8220;\u00c7a nous pousse \u00e0 penser une \u00e9cologie sonore tr\u00e8s pratique, \u00e0 \u00e9viter de faire passer une autoroute en plein milieu d\u2019une zone de lotissements, pour r\u00e9aliser par apr\u00e8s qu\u2019il faut installer des murs anti bruits.&#8221; Car bien qu\u2019elle soit invisible, la pollution sonore est aujourd\u2019hui devenue un fl\u00e9au mondial, principalement dans nos villes.<\/p>\n\n<p>Le bruit est la deuxi\u00e8me cause de mortalit\u00e9 li\u00e9e \u00e0 un facteur environnemental, juste apr\u00e8s la pollution atmosph\u00e9rique, selon l\u2019Organisation Mondiale de la Sant\u00e9, qui attire aussi l\u2019attention sur les chiffres : d\u2019ici 2050, une personne sur quatre souffrira de probl\u00e8mes auditifs. Parmi eux, les acouph\u00e8nes \u2013 ces sons per\u00e7us par nos oreilles comme une sensation de bruit constant, en majeure partie caus\u00e9s par une exposition \u00e0 des niveaux sonores trop \u00e9lev\u00e9s \u2013 touchent d\u00e9j\u00e0 une personne sur cinq. L\u2019Agence europ\u00e9enne pour l&#8217;environnement estime quant \u00e0 elle que 20% de la population europ\u00e9enne vivent dans des zones o\u00f9 les niveaux d\u2019exposition sonore sont consid\u00e9r\u00e9s comme pr\u00e9judiciables pour la sant\u00e9.<\/p>\n\n<figure class=\"wp-block-table\"><table><tbody><tr><td class=\"has-text-align-left\" data-align=\"left\"><strong>Bruxelles bruyante<\/strong><br\/><br\/>En d\u00e9cembre 2021, le site money.co.uk s&#8217;est appuy\u00e9 sur une panoplie de crit\u00e8res pour \u00e9tablir le niveau de pollution sonore que subissent les habitant\u00b7es des grandes villes europ\u00e9ennes. Paris, Londres et Rome d\u00e9crochent les premiers prix des m\u00e9tropoles les plus bruyantes. Bruxelles n&#8217;appara\u00eet pas dans ce top 20. Mais en 2020, Karim Douieb \u2013 le <a href=\"https:\/\/kingkong-mag.com\/karim-douieb\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">data guy dont nous vous parlions il y a peu sur kingkong<\/a> \u2013 s\u2019\u00e9tait amus\u00e9 \u00e0 coder une carte interactive sur base de donn\u00e9es fournies par Bruxelles Environnement pour mettre en son et visualiser la pollution sonore de notre capitale belge. &#8220;Je me suis inspir\u00e9 du travail men\u00e9 par une association londonienne qui avait r\u00e9alis\u00e9 le m\u00eame genre de carte pour sa ville, mais aussi pour Paris et New-York, explique-t-il. <a href=\"https:\/\/www.karim.news\/project\/noisy-city\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">En survolant les quartiers de Bruxelles avec sa souris<\/a>, on peut ainsi avoir une id\u00e9e du niveau sonore auquel on est expos\u00e9 au quotidien.&#8221;<br\/><br\/><\/td><\/tr><\/tbody><\/table><\/figure>\n<h3 class=\"wp-block-heading\">En musique, la surench\u00e8re du bruit<\/h3>\n\n<p>&#8220;M\u00eame si son incidence sur la sant\u00e9 n\u2019est pas encore consid\u00e9r\u00e9e, le bruit peut entra\u00eener des probl\u00e8mes comme des troubles du sommeil, des maladies cardiovasculaires, des troubles du syst\u00e8me digestif, voire une aggravation des \u00e9tats d\u00e9pressifs&#8221;, s\u2019inqui\u00e8te Marie-Paul Thill. Lors d\u2019une conf\u00e9rence d\u00e9di\u00e9e \u00e0 la pollution sonore dans le cadre de la Semaine du Son, la cheffe du service ORL au CHU Saint-Pierre, \u00e0 Bruxelles, accompagn\u00e9e de Daniel L\u00e9on, professeur en techniques du son \u00e0 l\u2019Institut Sup\u00e9rieur des Arts, appuyaient sur le fait qu\u2019en mati\u00e8re de bruit, le n\u0153ud du probl\u00e8me se situe dans le milieu musical. &#8220;Sur 40 ann\u00e9es de pratique en tant que technicien son pour des festivals et de grandes salles de concert, le volume n\u2019a pas arr\u00eat\u00e9 d\u2019augmenter&#8221;, constate Daniel L\u00e9on.<\/p>\n\n<p>La qu\u00eate du \u00ab toujours plus fort \u00bb existe depuis la nuit des temps et vaut malheureusement aussi dans le sonore. Mais depuis les ann\u00e9es 1960, avec l\u2019\u00e9volution de la musique rock et pop, on a vu appara\u00eetre des amplificateurs surpuissants. \u00ab \u00c0 l\u2019\u00e9poque d\u2019Elvis Presley, on avait des amplis guitare entre 3 et 5 watts, et les syst\u00e8mes de sonorisation atteignaient au maximum quelques dizaines de watts, illustre Daniel L\u00e9on. Aujourd\u2019hui, ces m\u00eames syst\u00e8mes d&#8217;amplification qu\u2019on conna\u00eet en festival atteignent des valeurs de l\u2019ordre de quelques centaines de kilowatts. Et cette multiplication n\u2019a pas multipli\u00e9 notre r\u00e9sistance au son par le m\u00eame facteur. \u00bb<\/p>\n\n<p>Suite \u00e0 ces avanc\u00e9es technologiques, chanteur\u00b7euses et musicien\u00b7nes ne s\u2019entendaient plus sur sc\u00e8ne. On a donc, dans les ann\u00e9es 70, d\u00e9velopp\u00e9 des syst\u00e8mes de sono de plus en plus puissants, mais on a d\u00fb conjointement passer par l\u2019installation de retours sur sc\u00e8ne, de fa\u00e7on \u00e0 ce que les artistes puissent \u00e0 nouveau s\u2019entendre. Ce qui a r\u00e9sult\u00e9 \u00e0 un effet cumulatif plut\u00f4t nocif. Et puis, il y a eu la compression, aujourd\u2019hui omnipr\u00e9sente des salles obscures \u00e0 la radio. &#8220;Le son compress\u00e9 est un son dont on a r\u00e9duit les \u00e9carts entre les sons forts et les sons faibles pour qu\u2019il passe au-dessus du bruit ambiant, indique l\u2019op\u00e9rateur du son. Le comportement physiologique de notre perception du son nous fait croire qu&#8217;il faut monter le volume pour ressentir du plaisir \u00e0 l\u2019\u00e9coute, et donc mettre ses oreilles en danger. Beaucoup de musicien\u00b7nes m\u2019ont d\u00e9j\u00e0 \u00e9ject\u00e9 parce que je ne mixais pas assez fort \u00e0 leur go\u00fbt, mais ma politique restera de permettre au public de ne pas devoir se prot\u00e9ger les oreilles \u00e0 cause de mon mix.&#8221; Et Thill de continuer : &#8220;C\u2019est quand m\u00eame un non-sens d\u2019aller en concert et de devoir porter des bouchons, souvent de pi\u00e8tre qualit\u00e9, qui ne nous permettent pas de profiter de la finesse du son, alors qu\u2019il suffirait de baisser le volume !&#8221;.<\/p>\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Le bruit nous envahit, agis-sons<\/h3>\n\n<p>Dans un tel contexte, quelles sont les solutions pour se pr\u00e9munir du bruit ? Faire comme l\u2019artiste John Cage qui, pour entendre le silence absolu, a test\u00e9 la chambre insonoris\u00e9e de l&#8217;universit\u00e9 de Harvard ? Astucieux avant de penser investir dans pareille installation chez soi, mais inutile. &#8220;Apr\u00e8s quelques minutes dans une bo\u00eete insonoris\u00e9e, l\u2019oreille, ou plus pr\u00e9cis\u00e9ment le cerveau, recr\u00e9e des sons de fond tels que des bourdonnements ou des sifflements pour compenser le manque de bruit ext\u00e9rieur&#8221;, d\u00e9crit Marie-Paul Thill.<\/p>\n\n<p>Se tourner vers la l\u00e9gislation ? Un premier pas, disons. En Belgique, l\u2019environnement sonore est une comp\u00e9tence r\u00e9gionalis\u00e9e. On retrouve ainsi divers plans de pr\u00e9vention en mati\u00e8re de bruit, et de vraies am\u00e9liorations. &#8220;L\u2019impl\u00e9mentation du plan Good Move avec l&#8217;instauration des zones 30 et des pi\u00e9tonniers a par exemple permis de r\u00e9duire le bruit urbain de 3 dB, d\u00e9taille Marie Poup\u00e9, responsable du Service Plan Bruit chez <a href=\"https:\/\/environnement.brussels\/pro\/reglementation\/obligations-et-autorisations\/diffuser-du-son-amplifie-les-regles-bruxelles\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Bruxelles Environnement<\/a>. Par ailleurs, dans la capitale, l\u2019ordonnance \u2018bruit\u2019 et ses nombreux arr\u00eat\u00e9s d\u2019ex\u00e9cution de 1997 forment la base juridique de l\u2019action de la R\u00e9gion en mati\u00e8re de normes relatives au bruit du trafic a\u00e9rien, du voisinage, ou encore du son amplifi\u00e9.&#8221;<\/p>\n\n<p>En 2017, un nouvel arr\u00eat\u00e9 a d\u2019ailleurs \u00e9tabli trois cat\u00e9gories pour tout \u00e9tablissement ouvert au public qui diffuse du son amplifi\u00e9, qu\u2019il s\u2019agisse d\u2019un restaurant, d\u2019un centre culturel ou d\u2019une discoth\u00e8que. Moins de 85 dB(A), entre 85 dB(A) et 95 dB(A), et enfin, de 95 dB(A) \u00e0 100 dB(A). &#8220;Dans cette derni\u00e8re cat\u00e9gorie, les diffuseurs sont oblig\u00e9s de mettre \u00e0 disposition du public une zone de repos et des bouchons d\u2019oreilles, ou encore de placer un appareil qui affiche en temps r\u00e9el les niveaux sonores diffus\u00e9s&#8221;, poursuit la responsable. Le l\u00e9gislateur a \u00e9galement traduit les trois cat\u00e9gories en dB(C). Une pond\u00e9ration qui prend en compte la sensibilit\u00e9 de l\u2019oreille humaine aux basses fr\u00e9quences et est plus adapt\u00e9e pour caract\u00e9riser des niveaux sonores qui d\u00e9passent les 85 dB(A). Mais dans la pratique, ces limites n\u2019ont pas mis tout le monde d\u2019accord.<\/p>\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>Penser que la loi prot\u00e8ge les spectateurices d\u2019un concert en limitant la diffusion \u00e0 100 dB(A),<br\/>c\u2019est de la foutaise.<\/p>\n<cite>Marie-Paul Thill et Daniel L\u00e9on<\/cite><\/blockquote>\n\n<p>Pour \u00e9crire les grandes lignes de cet arr\u00eat\u00e9 de 2017, la ministre bruxelloise de l\u2019Environnement de l\u2019\u00e9poque, C\u00e9line Fr\u00e9mault, a rassembl\u00e9 50 repr\u00e9sentant\u00b7es du milieu musical et du spectacle, ainsi que deux expert\u00b7es : Marie-Paul Thill et Daniel L\u00e9on. &#8220;Contre les avis de 48 patron\u00b7nes de bo\u00eetes de nuit et de festivals, nos voix ne se sont pas vraiment faites entendre. Penser que la loi prot\u00e8ge les spectateurices d\u2019un concert en limitant la diffusion \u00e0 100 dB(A), c\u2019est de la foutaise, s\u2019insurgent les deux sp\u00e9cialistes. L\u2019Union Europ\u00e9enne impose au monde du travail une norme ISO pour les activit\u00e9s professionnelles : 80 dB(A) pendant 8h de travail, ou 83 dB(A) pendant 4h, 86 dB(A) pendant 2h ou encore 89 dB(A) pendant 1h. Ce sur quoi les mondes acad\u00e9mique et m\u00e9dical s\u2019accordent, c\u2019est une red\u00e9finition de la limite \u00e0 90 dB(A).&#8221; D\u2019o\u00f9 l\u2019\u00e9mergence du <a href=\"https:\/\/www.label90db.org\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Label 90dB<\/a>, une initiative belge ind\u00e9pendante de toute l\u00e9gislation actuelle ou future qui permet aux organisateurices de concerts, aux musicien\u00b7nes et m\u00eame aux orchestres, de s\u2019engager sur base volontaire \u00e0 ne pas d\u00e9passer les niveaux moyens compatibles avec le respect de notre sant\u00e9 auditive. Car contrairement \u00e0 certaines id\u00e9es re\u00e7ues, l\u2019oreille n\u2019est pas un muscle, elle ne se fortifie pas \u00e0 force de travail et d\u2019exercices. &#8220;Et puis, il y a aussi la question du contr\u00f4le, ajoute Daniel L\u00e9on. Bruxelles Environnement doit mener des v\u00e9rifications quant aux niveaux sonores diffus\u00e9s dans les salles de concert, mais depuis la mise en application du d\u00e9cret en 2018, je n\u2019ai pas vu un\u00b7e seul\u00b7e contr\u00f4leur\u00b7euse. M\u00eame son de cloche chez plusieurs de mes coll\u00e8gues. La police est \u00e9galement habilit\u00e9e pour mener ces v\u00e9rifications, mais ils reconnaissent ne pas savoir comment contr\u00f4ler les limites l\u00e9gales.&#8221; Du c\u00f4t\u00e9 de Bruxelles Environnement, on nous assure que des contr\u00f4les inopin\u00e9s ou sur base de plaintes sont bien men\u00e9s.<\/p>\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">S\u2019a\u00e9rer les oreilles<\/h3>\n\n<p>Autre piste de solution pour repenser l\u2019\u00e9coute cette fois-ci : les balades sonores. Apparues dans le monde anglophone dans les ann\u00e9es 1970, non sans l\u2019impulsion de Schafer et ses confr\u00e8re\u00b7s\u0153urs, les &#8220;soundwalks&#8221; sont de v\u00e9ritables excursions \u00e9cologiques o\u00f9 les participant\u00b7es sont invit\u00e9s\u00b7e \u00e0 se balader en \u00e9coutant et en interagissant avec les sons qui les entourent. Pour Gilles Malatray, le mouvement des balades sonores rev\u00eate un enjeu citoyen et \u00e9ducatif : &#8220;On prend du son ou on \u00e9coute simplement \u00e0 oreilles nues ou avec des dispositifs augment\u00e9s comme des c\u00f4nes de signalisation, raconte le paysagiste sonore. On s\u2019amuse \u00e0 placer les mains devant ou derri\u00e8re les oreilles. Et puis, on \u00e9change sur nos ressentis pendant ou apr\u00e8s la balade si elle se fait dans le silence. En prenant conscience de notre posture d\u2019\u00e9coute, ces discussions nous am\u00e8nent souvent \u00e0 repenser notre rapport au monde.&#8221; Si les balades sonores touchent encore principalement des convaincu\u00b7es, elles commencent peu \u00e0 peu \u00e0 se frayer des chemins \u00e0 l\u2019\u00e9cole et \u00e0 toucher des publics plus diversifi\u00e9s gr\u00e2ce \u00e0 des collaborations avec des collectifs citoyens.<\/p>\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img decoding=\"async\" width=\"2560\" height=\"1920\" src=\"https:\/\/kingkong-mag.com\/wp-content\/uploads\/2023\/02\/Balade-sonore-Gilles-Malatray-Credits-_-Rodolpe-Alexis-Workshop-design-sonore-Le-Mans.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-6049\" srcset=\"https:\/\/kingkong-mag.com\/wp-content\/uploads\/2023\/02\/Balade-sonore-Gilles-Malatray-Credits-_-Rodolpe-Alexis-Workshop-design-sonore-Le-Mans.jpg 2560w, https:\/\/kingkong-mag.com\/wp-content\/uploads\/2023\/02\/Balade-sonore-Gilles-Malatray-Credits-_-Rodolpe-Alexis-Workshop-design-sonore-Le-Mans-310x230-gray.gif 155w\" sizes=\"(max-width: 2560px) 100vw, 2560px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">\u00a9 Rodolphe Alexis <\/figcaption><\/figure>\n<p>Enfin, pour ouvrir le champ (auditif) des possibles et consid\u00e9rer le bruit qui nous envahit, peut-\u00eatre pouvons-nous, une fois encore, nous laisser inspirer par les mots de Raymond Murray Schafer : &#8220;Qu\u2019on me permette de livrer au\u00b7\u00e0 la lecteurice cette pens\u00e9e : il n\u2019existe pas dans la nature de bruits capables de nous faire du mal. Dieu fut (entre autres) un ing\u00e9nieur sonore de premi\u00e8re force. Poursuivons sur cette voie pour concevoir les paysages sonores de demain&#8221;.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>(Pour rendre la lecture de ce dossier plus sonore, nous vous invitons \u00e0 brancher votre casque et \u00e0 vous laisser bercer par &#8220;Dawn Chorus&#8221;, une proposition de l\u2019artiste et cr\u00e9ateur sonore Joost Van Duppen dont nous vous parlons plus bas.) &#8220;Les ann\u00e9es 1960 furent une d\u00e9cennie bruyante, peut-\u00eatre la plus bruyante du 20\u00e8me si\u00e8cle. 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